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Envahir l’Angleterre ! L’impossible défi de Napoléon Bonaparte

Je signale la parution récente, en novembre 2025, d’un ouvrage important (deux volumes tout de même) : Envahir l’Angleterre ! L’impossible défi de Napoléon Bonaparte, écrit par Jean-Luc Bouly et édité par L’Harmattan.

La guerre entre la France napoléonienne et l’Angleterre fut le dernier chapitre d’une lutte commencée plus d’un siècle plus tôt pour la domination européenne et du monde (on connait la fin et, de fait, le XIXe siècle fut britannique). A plusieurs reprises durant cette sorte de deuxième guerre de cent ans, la monarchie puis la France révolutionnaire envisagèrent plus ou moins sérieusement l’invasion des îles britanniques.

L’auteur du présent ouvrage revient sur les projets de « descentes » en Grande-Bretagne de 1797 et 1798 avant de traiter plus en détail celui imaginé par Napoléon après la rupture de la paix d’Amiens en 1803. Ce plan avait-il des chances de succès ? Difficile à dire. Toujours est-il que la Troisième coalition ne permit pas à celui-ci d’aboutir : l’entrée en guerre de l’Autriche et de la Russie obligea l’armée française à quitter le camp de Boulogne dès août 1805, deux mois avant la bataille de Trafalgar.

Contrairement à une idée reçue, Trafalgar ne mit pas fin au camp de Boulogne. Pendant de longues années, une part plus ou moins importante du budget de la Marine continua de le financer, en attendant un éventuel retour de la paix sur le continent. En vain… Napoléon ira se perdre à Moscou, « faute d’avoir pu passer le Pas-de-Calais » (Jacques Bainville).

Liens Amazon :
Tome 1 (1797-1804)
Tome 2 (1805-1813)

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Les Aigles de la marine du Premier Empire

La Distribution des aigles – ou Serment de l’armée fait à l’Empereur après la distribution des aigles – le 5 décembre 1804. Par Jacques-Louis David, 1810

Le 5 décembre 1804, trois jours seulement après le sacre, Napoléon organisa une cérémonie grandiose sur le Champs-de-Mars afin de remettre les drapeaux et aigles à l’armée impériale. Placées au sommet de la hampe des drapeaux, ces aigles étaient fortement inspirées de celles des armées romaines durant l’antiquité. (Rappelons que dans ce contexte, Aigle est féminin).

Fait plutôt méconnu : les aigles ne furent pas destinées à la seule armée de terre. Elles furent également distribuées à la marine et notamment aux vaisseaux. Le 5 décembre 1804, trente-sept vaisseaux de ligne reçurent une aigle.

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Plans et représentations de navires français conservés dans les archives danoises

Les n°317 et 318 de la revue Neptunia – éditée par l’Association des Amis du Musée de la Marine (AAMM) – propose un article intéressant, entre autres, à propos des plans de navires conservés au sein des archives nationales danoises (Rigsarkivet). Un article signé par J.-P Mélis et P Ferrandière.

Les archives danoises conservées à Copenhague sont d’une grande richesse dans le domaine maritime et heureusement très largement numérisées : voir le site internet www.rigsarkivet.dk. Nombre de plans et représentations concernent des navires français des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ! L’AAMM propose sur son site internet une liste de ceux-ci, je vous invite à y jeter un coup d’œil : ICI.

Quelques-uns des plus fameux vaisseaux de l’histoire de la marine française y sont présents, parmi lesquels le Royal Louis (1692), le Soleil Royal (1750), la Ville de Paris (1764) ou encore le Napoléon (1850)…

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Marine française c. Royal Navy (1792-1814)

La bataille du 13 prairial an II. Par Philippe-Jacques de Loutherbourg, 1795

J’ai dans un précédent article listé les batailles navales franco-britanniques à l’époque de l’Ancien Régime : lire Marine Royale contre Royal Navy (1688-1783). Je poursuis ici ce même travail pour l’époque Révolution-Empire (1792-1814).

Pour cette période, j’ai compté dix batailles navales, avec les réserves déjà développées dans mon précédent billet. Je n’ai pas compté, ni la bataille de Grand-Port (1810), victoire française inscrite sur l’Arc de Triomphe, ni la bataille de Lissa (1811), victoire britannique, car il s’agit de combats entre frégates. Je n’ai pas tenu compte non plus des combats de la flottille de Boulogne, ni de la bataille de l’île d’Aix en 1809, car il ne s’agit pas d’affrontements entre plusieurs escadres de vaisseaux (voir la définition de « bataille navale » que je propose dans le premier article). Enfin, les combats timides et anecdotiques des dernières années de l’Empire, devant Toulon notamment, durant lesquelles aucun vaisseau n’est perdu de part et d’autre, ne sont pas non plus comptés.

Sur les 10 batailles analysées, je compte 1 victoire française, 8 victoires britanniques et 1 bataille indécise.

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Manifeste pour sauver la frégate l’Hermione

Les frégates l’Hermione et la Provence, de la Marine nationale, au large de La Corogne, en avril 2015

Je partage ci-dessous le manifeste publié par l’Association Hermione -La Fayette en mai dernier. Objectif : sauver la frégate l’Hermione !

Lien direct vers le Manifeste

Pour rappel, l’Hermione est la réplique – lancée à Rochefort en 2014 – d’une fameuse frégate française du XVIIIe siècle, construite d’après les plans de l’ingénieur Henri Chevillard. Il s’agissait d’une frégate dite de 12, car sa batterie principale était armée de 26 canons de 12, à quoi s’ajoutaient 6 canons de 6 sur le pont supérieur. En tout 32 canons donc. La longueur de sa coque était de 44,2 mètres (comme sa réplique de 2014) et son équipage comptait environ 300 hommes.

On limite souvent l’histoire de l’Hermione au transport du marquis de La Fayette en Amérique, en mars-avril 1780, lors de la guerre d’Indépendance. C’est à mon sens bien trop résumer ! L’Hermione combattit tout au long du conflit américain, dans les océans Atlantique et Indien, et servit jusqu’à la Révolution française.

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US Navy et onomastique navale

L’USS Constitution, lancée en 1797, est aujourd’hui encore officiellement en service dans l’US Navy

Le 27 mars 1794, George Washington, premier président des États-Unis d’Amérique, signait le Naval Act of 1794 « Act to Provide a Naval Armament », dont l’article 1er autorisait la construction de six frégates, créant de fait l’United States Navy, la marine de guerre américaine. Un an plus tard, le 14 mars 1795, le Secrétaire d’État Timothy Pickering lui proposait dans une lettre une liste de dix noms potentiels pour ces frégates sur le point d’être mises en construction. Il précisait qu’il avait défini ces noms « as have occurred in my conversations with Gentlemen on the subject » : United States, Constitution, President, Congress, Constellation, Defender, Fortitude, Perseverance, Protector et Liberty.

G. Washington choisit les cinq premiers noms de cette liste pour les cinq premières frégates construites. Plus tard, la sixième frégate fut baptisée Chesapeake, un nom qui ne figure pas dans cette liste et qui fait référence à la décisive bataille de la baie de Chesapeake (5 septembre 1781), durant laquelle la flotte française commandée par le comte de Grasse empêcha la Royal Navy de venir secourir l’armée britannique du général Cornwallis piégée à Yorktown.

Cette histoire résume assez bien la manière de faire des Américains, depuis l’origine même de l’US Navy, pour nommer leurs navires de guerre. Pour en savoir plus, il existe heureusement un intéressant document : Navy Ship Names: Background for Congress, régulièrement mis à jour par l’U.S. Naval Institute, qui traite sur une cinquantaine de pages de la question qui nous intéresse ici. Ce document est la source principale de ce billet.

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A propos de la guerre d’Indépendance américaine

J’ai évoqué dans mon précédent billet le comte de Grasse, acteur majeur de la guerre d’Indépendance américaine. L’occasion de signaler la parution récente, en avril 2025, par Sorbonne Université Presses, d’un ouvrage intéressant : Sea Power ? De Grasse et Vaudreuil – Durer en opérations écrit sous la direction d’Olivier Chaline, Jean-Marie Kowalski et Pierre Le Bot.

Celui-ci fait suite à un livre paru en 2023 : L’amiral de Grasse et l’Indépendance américaine – Commander en opérations, par les mêmes auteurs.

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Un nom longtemps oublié : De Grasse

Le SNA De Grasse est sorti de son chantier de construction à Cherbourg pour être transféré vers le dispositif de mise à l’eau, le 27 mai 2025. ©Naval Group/Lucille Pellerin/REA

Naval Group a communiqué cette semaine sur le lancement prochain (prévu en 2026) à Cherbourg du De Grasse, quatrième sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la classe Suffren. L’occasion de parler un peu d’onomastique navale (étude des noms donnés aux navires) !

Ce nom, De Grasse, celui du fameux vainqueur de la bataille de la baie de Chesapeake (1781), et donc de « l’arbitre de la guerre [d’Indépendance américaine] » selon Georges Washington, fut contrairement à ce que l’on pourrait penser peu utilisé – jusqu’à récemment – dans la Marine française.

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